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23 avril 2008
Dans la rue
Il y a quelques jours dans la presse locale le président de la com’com Jean-Luc Fréchard évoquait l’idée de la création d’un poste d’animateur de rue. Je ne sais pas ce qu’est un animateur de rue. Quelqu’un qui joue au ballon avec les mômes ? Ou alors faire des spectacles dans la rue ? J’imagine qu’il y a erreur sur la dénomination, je suppose que JLF voulait parler d’éducateur de rue. Quelqu’un qui va au contact des jeunes en difficulté, qui crée des relations de confiance, qui travaille avec des partenaires pour trouver des solutions à de vrais problèmes de détresse. Pour avoir fait le job, en banlieue parisienne je me sens parfaitement en droit d’en parler. Je me souviens de ce quartier ou un maire d’une grande ville nous avait demandé d’intervenir. La situation était explosive après la mort d’un jeune, tué par un autre jeune pour une histoire de scooter. Que pouvaient-on faire ? Etre présent mais pas trop, dialoguer le plus possible, trouver des solutions à des problèmes individuels. Mais au moins l’élu ne pouvait plus minimiser les problèmes accumulés depuis des années et qui pesaient sur la vie du quartier comme une chape de plomb.
Le quartier est vite devenu tranquille. Non pas à cause de notre intervention, mais par le fait des jeunes eux-mêmes qui en avaient ras le bol d’être désignés comme des fauteurs de troubles. Les activités illicites, voire franchement illégales ne se déroulaient plus au grand jour. De là à dire qu’elles n’existaient plus est une vue de l’esprit que je laisse à d’autres. Contrairement aux politiques et mes collègues, j’étais de ceux qui estimaient que rien n’avait changé, sauf les apparences. Mais revenons au Val d’Argent.
Un éducateur de rue ce n’est pas quelqu’un qui se ballade toute la journée. Il faut des moyens, un bureau, un téléphone, un fax, Internet et une voiture pour se déplacer entre les quartiers. Une logistique importante, trop importante pour un seul poste. De plus un éducateur de rue ne travaille pas seul. Il faut parler avec des collègues pour pouvoir apprécier une situation dans son ensemble. Bref ce qu’il faut dans le Val d’Argent comme ailleurs c’est un véritable club de prévention spécialisée. On en est encore loin.
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