06 novembre 2009
Incitatif, vous avez bien dit incitatif ?
Depuis 2004, je réclame à corps et à cris, une redevance poubelle incitative, c'est-à-dire que les usagers paient suivant leurs besoins. Je demande également, que cette redevance soit la même pour tout le bassin d’Alsace centrale car je sais bien que Sainte-Marie-aux-Mines est la commune après Sélestat, ou le tarif est le plus élevé. La réforme en cours au Smictom, semblait avoir pris en compte mes réclamations et celles d’autres usagers. De ce je lis dans la presse ce matin, je m’aperçois qu’il n’y aura aucune baisse des tarifs et que, au mieux, les usagers de la vallée vont payer le même prix. Il n’y donc rien d’incitatif dans la politique engagée par le Smictom.
Je trouve tout de même, fort curieux, la démarche d’auto satisfaction dont se pare l’opérateur unique, démarche également teintée de victimisation. C’est beau comme du Sarko. « Nos efforts, sont en phase, avec le Grenelle » déclare tout content son président. Pour un peu, il nous dirait qu’il a fait le Grenelle, avant le Grenelle figurez-vous. Je lisais récemment dans une autre province qu’une taxe poubelle allait être mise en place (chez nous elle existe depuis 7 ans !) et que les opposants à cette mesure s’indignaient car elle allait coûter 80 euros par famille et par an ! Ici le tarif le moins élevé sera de 171.57 euros au minimum, plus du double. Incitatif au passage à l’Ouest, sans aucun doute.
Lorsque le directeur du Smictom signale que les agents qui sont passés enquêter, pour mieux cerner les besoins des habitants ont « parfois été mal reçus et ont rencontré des contrariétés » avec de pareils tarifs c’est davantage l’usager qui est stressé et contrarié, comme cela s’entendait dans nos rues. « Vous avez un bébé, donc des couches culottes, donc 120 litres » a-t-on dit à des usagers, oubliant que d’ici que le nouveau système se mette en place, le bébé sera devenu enfant sans couches culottes, les 120 litres, ne serviront sans doute jamais. Bien sur on pourra changer, mais d’ores et déjà cela semble difficile. Ceux qui ont tenté, ont reçu des réponses du président pas piquée des hannetons. Ce dernier qui est fort chagriné lorsque l’on critique sa magnifique structure, n’hésite pas à prendre sa plume pour déclarer que l’on ne comprend rien à son travail. C’est le cas d’élus qui osent commettrent le péché de contestation, qui se font envoyer sur des roses qui ne sont pas socialistes.
En situation de monopole total, le Smictom, coule des jours heureux. A l’heure ou l’on veut privatiser à tout va, une saine concurrence est donc la seule issue aux poubelles les plus chère de France. En attendant les class actions, ensemble de citoyens allant en justice, puisque les tarifs pratiqués, s’ils sont élevés, ne valent pas la peine d’engager des procédures individuelles. Pour finir, du moins provisoirement, je note que les com’com conserveront la facturation pour ne pas se passer de leur dotation de fonctionnement, preuve ultime que nos déchets servent parfois à toute autre chose qu’a être recyclés.
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